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Charlotte Pirates Des Caraïbes

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Woody Allen a dit: "Je hais la réalité mais c'est quand même le seul endroit où se faire servir un bon steak." Moi, c'est pareil, mais avec un dessert.
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crazyfille

Dés qu'un homme est né il est assez vieux pour mourir alors tâche de t'en souvenir...
November 30

Claire tout net s'en va pas vraiment, non.

    La perspective de fermer cet "ici" me mettait la tête à l'envers et le coeur dans les chaussettes. Donc non. Les mots se font rares car le temps avance à grandes enjambée dans ses bottes en caoutchouc rouge piment. Mais les phrases restent debout tout de même. Et peu importe que les mots trop rapides n'aient aucun sens, tant pis si je n'écris que pour entendre le tac tac de mes doigts sur le clavier. Parce que tapoter sur ces touches en plastique, c'est me couper un instant du monde. Du droit. De la prépa'. Des bruits de moteur s'agrippant à la vie de dehors. Des cris des autres humains.
    Oui, mais comme le temps avance à grandes enjambées dans ses bottes en cuir [ il a changé depuis tout à l'heure ], et que je ne peux le rattraper même en hélant des taxis, je déménage. C'est un autre "ici", enfin un "là bas", où les mots sont plus courts, mais pour aujourd'hui, plus moi. C'est un ailleurs tout noir mais rempli de lumière. Et c'est toujours absurde.
Alors voilà, peut-être que si le temps décide d'enfiler des tongs et de ralentir je pourrai reprendre mes grandes épopées verbiales ici, mais pour le moment allons ailleurs.
 
 
Voilà, voilà.
 
[ Pouïpouï ]
 
 
October 22

Trois petits points

Mon espace perso' est sur pause.
Je ne suis pas sûre de le remettre sur play un jour.
J'ai besoin de temps, pour faire le point.
Pour tout dire.
J'adore le droit.
Ma prépa' est trés sympa.
Mes profs sont géniaux.
Et les cours passionnants.
Mais c'est moi qui ne cadre pas.
Ou qui ne veut pas cadrer, ce qui revient au même.
Je continue à passer sur vos blogs.
 
September 29

Come back

     Le temps s'est remis en marche. Tic, tac, tic. Mes pieds ont retrouvé le rythme, tout seuls. J'y suis enfin. J'y suis, déjà. Le matin, lorsque les premiers rayons du soleil rasent les bancs couverts de tags du forum des Halles, lorsque mes pas, couleur orange fluo, résonnent sur les pavés de la capitale, j'ai envie d'y croire. La vie se déroule d'elle même devant mes paupières grandes ouvertes, se déroule à travers le picotement acide du froid sur le bout de mes mains, le bout de mes doigts. Le temps file de nouveau devant moi, trop vite, et je tends mes bras, toujours trop courts pour le retenir.
    J'ai posé une main fraîche sur le front de mes doutes, de mes peurs, de mes demi-tours et de mes deux pieds collés à la glue sur la même dalle depuis trop longtemps. Le matin, je me regarde bien en face, dans le mirroir, bien en face de ces doutes, de ces peurs, et de ces demi tours. Je les apprend et je les défie de reprendre la place qu'ils ont occupée ces derniers temps. J'essaye de me tisser telle que je suis et non pas telle que je n'arrive pas à être. J'essaye, de nouveau. Je reste autant de secondes que nécessaires devant ce mirroir, j'attend que les minutes me modèlent un sourire.
     Je retiens des bouts de bonheur sous mes ongles. Dans mon grand livre d'images je colle les bottes espagnoles de Tatiana, les éclats de rire de Mathieu, le "pitou" de Thomas, le gateau au yahourt de Priscillia, le sac à main plein de trésors de Maëva et les converses déchirées de Melanie. Je me réchauffe de ces instants. Ces instants où nous sommes.
      Cela faisait longtemps, n'est ce pas? Long temps d'espoirs piétinés, long temps de colère aveugle. Nouvelle inspiration apportant l'oxygène nécessaire à la confiance. Je débute tous justes mes études, et je n'en reviens pas. Moi qui ne pouvais imaginer qu'un jour, je serais étudiante. Assise sur les bancs de ma prépa', je savoure. Rédigeant ma deuxième dissert' en droit, je souris. C'est le bonheur tout simple de se sentir soi, et de se rendre compte que "soi", c'est pas si mal...
     J'oublie ce dont je ne veux pas me souvenir. J'efface ce que je ne souhaite plus avoir devant mes yeux. Je raye ce qui me mettait hors de moi. Au lieu de partir sans cesse à la recherche des questions qui me tiraillent, je cherche les réponses. Je me retrouve sous le bout de mes doigts, je me revois dans le bruit des touches de mon clavier, je me reconnais dans ma panique lorsque je réalise que j'ai lu bien trop tard. Je suis là, juste là, si proche. Et j'arrive même à en rire.

 
Voilà.
J'adore ma prépa'
J'adore le droit.
Même si j'ai le dos cassé à force de transporter l'énorme Gicquel...
 
Voilà.
C'était aussi simple que ça.
Il suffisait d'un peu de courage...
 
Du bonheur un peu partout en fait..
Du bonheur des chaussettes aux noeuds dans les cheveux
Du bonheur dans, sur et sous les yeux.
Voilà...
 
August 30

Parce que parfois, cela arrive

Poser un à un mes orteils sur le sol glacé
Puis baisser les yeux
Observer mes pieds sur le parquet
Les voir frémir, encore engourdis de chaleur
De sommeil
Avoir la tête vide
Être simplement concentrée sur cette vision
Instant de non sens
C'est cela, le bonheur
Courir dans les vagues
Avoir les cheveux salés, emmelés, abimés
Faire la planche et clore les paupières
Juste
Savourer le simple fait d'être ici
Là-bas
Se faire tomber et se donner des coups
Se battre contre l'océan
Donner des coups de poings et laisser choir la colère sur le sable
C'est cela le bonheur
Retrouver mes cinq ans
Les ai-je vraiment quittés ?
Construire des châteaux de sable
Creuser des bassins
Et puis s'inventer des histoires
De roi réduisant les délais pour la construction de l'escalier au milles marches
Croire que le palais de sable, fragile, durera cent ans
Retrouver mon enfance
Mon oublie de moi-même
Boire simplement à même la bouteille en plastique l'eau de la vie
C'est cela le bonheur
 Se peindre les ongles de pied
En bleu, en violet, en orange
Et observer le soleil se refléter sur les couleurs vivantes de nos orteils
Se colorier les ongles
Juste pour moi
Oublier que les autres aussi le voient
Simplement, les peindre méticuleusement
Pour le plaisir de voir les couleurs en transparence sous les draps blancs
C'est cela le bonheur
Le soir
La tête posée sur l'oreiller
Les yeux grands ouverts derrière les paupières fermées
Effacer à la gomme les lignes de sa vie
Et tout réecrire
Céder au romantisme
Rêver de tous les excés
Et ne pas s'endormir, surtout
Car notre vie n'est pas encore réglée dans les moindres détails
Oublier qu'aprés tout les paupières sont fermées devant les yeux ouverts
Oublier qu'en réalité, demain en levant la tête qui est posée sur l'oreiller
On ne sera que nous même
C'est cela le bonheur
 Gagner au backgammon
Et retrouver la fierté et la joie de l'enfant que ses parents ont laissé gagner
Savourer sa victoire
Rire, car cette fois, les dés nous ont offert la chance
La tête à l'envers
Effectuer une danse de joie, les pieds nus contre les dalles
C'est cela le bonheur
L'excitation de ce qui m'attend
Des instants encore inconnus
Découvrir
Ouvrir les yeux et les paupières pour avaler de la vie
De grandes bouchées d'existence
Se pencher tard sur les livres
Ceux dont les caractères sont si petits
Avoir les doigts plein d'encre
Tendre la main et accepter d'essayer d'être soi
Pas forcément une autre
Pas forcément cachée derrière une muraille protégée par des archers
Pas tout à fait recouverte d'écailles
Pas vraiment munie d'une hache
Retrouver les indices de soi
Je m'en étais tout de même laissé
Peu
Mais ils sont le commencement
Marcher
Ne plus regarder ses pieds par crainte de tomber
Regarder droit devant, vers l'inconnu
Trébucher, sans doute
Tomber, peut être
S'égratiner, pourquoi pas
Mais aprés tout, seulement trébucher, tomber et s'égratiner
Et enfin
Ouvrir les mains pour essayer d'évaluer combien pèse l'air
Laisser les tâches de rousseur arriver
Craindre de se perdre à nouveau
Se méfier de soi même
Et ne plus se laisser seul
Toujours s'accompagner
Remonter les lunettes sur mon nez pour voir
De nouveau
Aprés, tout, n'est ce pas cela le bonheur ?
L'ivresse d'un simple instant
La perte de contrôle
Et se retrouver face à soi
Avec
Un peu de temps, un fusain et une feuille de papier
Se croquer rapidement, maladroitement
Mais, enfin
Avoir une esquisse de soi-même.
 

 
En matière de comédie romantique
Ma référence c'est
"Coup de foudre à Notthing Hill"
 
En matière de film comique
Les titres qui me viennent au lèvres sont
"Les visiteurs"
"Les bronzés" et "Les bronzés font du ski"
"Some like it hot"
"Tais-toi !"
Certains Woody Allen
Et bien sûr, les grands De Funés
 
En matière de réalisateurs
Mes dieux sont
Luc Besson
[ Dieu suprème ]
Woody Allen
Les frères Cohen
Lars Von Trier
Emir Kusturica
Alain Resnais
Claude Miller
Et la trés prometteuse Zabou Breitman
 
En matière de films en général
Les chefs d'oeuvre sont
"Arizona Dream"
"L'homme de sa vie"
"La vie des autres"
"Good Bye Bafana"
"Dogville"
"Truman Capote"
"Lady Killers"
"O' Brotheurs"
"The Hours"
"Match Point"
"La neuvième porte"
"Sept ans au Tibet"
"Out of Africa"
"Edward aux mains d'argent"
Et j'en oublie bien sûr...
 
Et enfin, en matière d'acteurs
Je ne peux parler que de
Johnny Depp
Charles Berling
Nicole Kidman
Meryl Streep
Sandrine Kiberlain
Anne Parillaud
Jean Reno
[ Particulièrement lors de leur travail avec Luc Besson ]
 
Voilà, ce compte rendu cinématographique..
J'en avais envie.
 
July 11

Les tresses par terre

      Chaque matin, je détourne les yeux de mon miroir, je passe rapidement à autre chose, pour ne pas voir. J'ai osé me regarder dans mon miroir. Je n'ai pas aimé ce que j'y ai vu. Je savais avancer, marcher en oubliant que la route est semée d'embûches, je ne suis plus que défiance, méfiance et portes fermés. Alors, je préfère parfois marcher à reculons sur le chemin de la vie. J'ai également remarqué ma colère. De cette rage qui aveugle, de cette fureur qui étouffe. J'ai observé ma rancoeur, ma haine. Je me suis vue comme je n'aurais jamais voulu me voir. Je suis d'un goût amer, mon reflet est acide. Je ne suis plus que la moûe de l'enfant dégouté par la boue sur ses mains. Je ne me suis pas reconnue en cette personne cynique, haineuse, et arrêtée sur le chemin. J'ai vu tout ce que je n'étais plus. Evaporée, ma foi en la vie, mon évermeillement de chaque instant. Recouvert de poussière mes sourires aux anges. Electrocutée mon énergie. Dans mon psyché, j'ai découvert mon abandon de toutes les choses qui étaient importantes à mes yeux. Ces choses : la glaise du moule qui me forme. J'ai vu les mots qui m'échappaient. J'ai vu toute mon intolérance. Moi qui tentais de croire en tous, je déclarai chacun perdu d'avance. J'ai vu tout ce que certains essayaient de me dire. Mon abandon de moi. J'aurais du voir les regards d'incompréhension. Alors oui, mon reflet dans le miroir ne m'a pas plu. Alors oui, je ne suis pas reconnue.
      Mais j'ai vu. J'ai accepté de regarder mon miroir, et, au lieu de le briser en mille morceaux, j'ai observé mon reflet dans ses moindres détails. Pour me remplir de l'incompréhension qu'il m'inspirait. Inconnue à moi-même, j'ai decidé de me regagner. J'ai coupé mes tresses blondes, et en sentant le ciseaux froids contre mon cou, j'ai senti que j'avais finalement réussi à avancer. En abandonnant mes longs cheveux, j'ai abandonné tous les souvenirs de cette année. J'ai rayé tous les numéros de téléphone et adresses inutiles. Le premier pas pour retrouver la confiance, pour retrouver le sourire. Sans ma lourde tignasse, je suis assez légère pour avancer plus vite. Tenter, du bout des doigts, essayer du bout du coeur. Arracher la vie, du bout des ongles. Me lever le matin et écrire. Faire des traces de peinture sur les meubles. Et puis enfin, respirer assez fort, pour croire, encore. Inspirer, assez profondément, pour obtenir toujours. Fermer les yeux assez longtemps pour laisser arriver les points de suspension. Rêver. Et chaque soir, au creux de l'oreiller, se construire, brique aprés brique, une nouvelle vie. Parfois, laisser l'émotion déborder. Apprendre que les larmes sont salées. Découvrir comment écouter les battements de son coeur, comment hurler de rire, et se laisser porter. Croire en les livres, de nouveau. Savoir qu'un livre ne peut raconter que la verité puisque c'est un livre. Enfin.
      Et aujourd'hui, j'en ai envie. Je veux me retrouver. J'y crois. Et à cet instant, je veux me donner les moyens de donner des coups de poings contre mon reflet. Piétiner toge, cothurnes et masque grec. Déchirer les visages sur les photos. Je passe la main dans mes cheveux courts. C'est étrange, comme le courage et la volonté revient. Surprenant de découvrir tout ce que l'on refuse de voir dans notre miroir. Déroutant de se perdre en chemin et de ne plus savoir quelle route on a prise. Déconcertant de ne pas être sûre d'avoir pris les bonnes décisions, puisque ces décisions, on les a prises en ouvrant une page au hasard. Déchirant, d'avoir abandonné certaines personnes derrière nous et de se rendre compte que l'on aurait peut-être pas du, aprés tout. Me regarder dans le miroir et n'être plus que l'incompréhension qui desespère. Se retrouver dans une fossette, un éclat de voix, et se raccrocher de toutes ses forces à ce bout de soi. Bientôt, je me reconnaîtrai de nouveau dans le miroir. Et peut-être que je me sourierai, qui sait ?
 

 La Terminale est finie
Enfin..
Vous ne pourrez jamais vous imaginer mon soulagement
[ J'ai mon bac mention Bien ]
 
"J'ai tout mangé le chocolat
J'ai tout fumé les Craven A
Et comme t'étais toujours pas là
J'ai tout vidé ton Rhum Coca
J'ai tout démonté les tableaux
J'ai tout relu Françoise Dolto
J'ai même laceré le Cocteau
Que tu cachais sous ton bureau..."
 
Repeindre la commode
Et bien sûr, mettre de la peinture partout
Cuisiner
Et rire surtout
[ Délou ]
 
"Fallait pas m'quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là..."
 
Mat'
Mon barbouilleur de sourires
" 'Want to hold me with their hand"
"J'avale tes cheveux !"
Nos fous rires
 
"J'ai tout demonté le bahut
J'ai tout bien étalé la glu
Comme t'étais toujours pas rev'nu
J'ai tout haché menu menu
J'ai tout brûlé le beau tapis
J'ai tout scié les pieds du lit
Tout décousu tes beaux habits
Et mis le feu à la pend'rie..."
 
Thomas, mon alter ego dans les centres d'attractions
"Claire, remonte!"
"Il manque l'attraction Claude"
"On ne peut plus fuir, il faut affronter"
"Claire, dis-moi que tout va aller"
Nous, fuyards..
 
"Fallait pas m'quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là
Fallait pas gâcher mon coeur
M'laisser sans baby sitter
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand mes yeux pleurent.."
 
Vendredi
Je pars six semaines en Grèce
[Enfin, un peu de beau temps!]
 
"J'ai tout renversé les poubelles
J'ai tout pillé ta belle vaisselle
Attends, c'est pas tout à fait tout
J'ai aussi depensé tous tes sous..."
 
Et la dernière phrase est pour Maëva
"Hum, c'est goûtu.."
 
 
June 19

Je demeure

     Les temps qui s'avancent sont des temps à part. Des secondes qui cessent de dégringoler. Des minutes de paix, des heures pour s'arrêter sur un banc, on reprendra la route aprés. Les temps qui arrivent nous offrent la lenteur des journées qui ne finissent plus. Du sommeil d'été qui engourdit les membres. Ce sont les heures qui  nous sourient. Un tic tac qui s'affaiblit, l'obsession de la fuite de l'eau dans la clepsydre qui cesse. Nos mains retiennent le sable dans leurs paumes ouvertes. C'est la vie toute simple qui reprend ses droits. Arrêter le métronome. Alors oui, les temps qui se pressent à nos portes ne sont plus ceux que l'on connaît, ce sont les temps du repos muet.
 
Boire l'eau de la vie présente dans les sourires
Faire des tresses en guimauve
Souffler sur les miettes que l'on veut nous offrir
Toujours demander plus
Oublier de craindre le pire
Et écraser du pied ceux que certains
[ Fous ]
Osent nommer "Réalité"
Croire
 
      Prendre le temps d'inspirer les particules de rêves, prendre les minutes nécessaires pour souffler sur la poussière du marchand de sable.  Accepter que l'on ne peut sans cesse courir. Savoir déposer son ballot de souvenirs trop lourds sur la route, et s'asseoir à coté. Essayer de respirer, réapprendre à lire et à observer. Essayer simplement d'être là. Comprendre que le temps sait attendre, qu'il nous a attendu et qu'il nous attendra. Il nous faut réaliser que parfois, si l'on peut laisser filer la soie de notre vie, on pourra gaspiller du temps sans en perdre. Juste ainsi, avec la facilité de l'enfant qui rit.
 
Piocher dans la pile des souvenirs d'enfants
Prendre les moustaches de chocolat
Les costumes de danse et les paillettes
Les genoux du Père Noël
Les papiers dorés des bonbons
Les bottines abîmées
Les joues rouges de ceux qui croient
Et les éclats de sourires
Retrouver
 
      Les temps qui frappent à notre porte sont ceux de l'espèrance. S'offrir l'abandon total à la confiance. Les secondes que je peux frôler des doigts sont celles des yeux écarquillées de l'enfant en salopette verte qui accepte la merveille de ce qu'il voit. L'enfant, le surpris de chaque instant. Il est " L'esprit qui reprend à son origine, sa tâche de lumière dans l'enigme" [Yves Bonnefoy]. Les minutes qui arrivent sont celles de l'accord parfait sur le piano. Ces minutes où l'on acceptera de citer les mots d'un autre plutôt que de trébucher dans les lettres en n'acceptant que sa propre prose.
 
Accepter la fin de nos mains
L'étendue finie de nos rires
Le nombre d'heures compté de notre coeur
La courte durée de notre âme
Le nombre de Tic-Tac dans notre Sang
Dire oui au bout de Nous
 
      Bientôt les temps de paix. Les temps où nous sommes seuls face à nous même, face à nos croyances qui se révèlent être fausses, face à nos défiances. Tenter d'aimer tout de même ce que nous réflète notre miroir. Pouvoir nous aimer incomplet, plein de heurts et de bosses. Nous aimer dans tout ce que nous avons de défaillant, de dérisoire, de prévisible. Savoir que là où nous sommes chutes, nous sommes élevations vers l'horizon, que lorsque nous sommes échecs, nous sommes aussi croyances. Ces instant qui sont paix car chaques minutes comptent, car chaque gorgée de vie, chaque bouchée de présence, se déguste.
 
J'ai le rire à fleur de peau
J'ai les mots au bord des lèvres
J'ai les larmes au fondu du ventre
J'ai mes rêves devant les yeux
J'ai la rage au creux des mains
J'ai les sourires sur les paupières
J'ai la réalité sous mes pieds
Et j'ai le coeur qui perd la tête
 
     Le temps qui est toute proche est celui qui étouffe sous le poids des questions. C'est le temps de la solitude qui s'approche. Il faut bien revenir en arrière parfois. On ne peut pas toujours aimer ce qu'on voit dans la glace. Il n'est pas toujours facile de faire face à la colère sourde. Il faut parfois briser plusieurs glaces pour apprendre, finalement, à s'apprivoiser, peut-être. Parfois il faut un cahier de ratures pour trouver la phrase juste. Souvent, il est nécessaire de tomber pour apprendre à se mettre debout. Il n'y a que l'incompréhension qui fait ouvrir les livres du savoir. Alors, pendant ce temps qui s'offre à nous, on s'assied sur le banc qui nous tend ses deux accoudoirs, on prend le temps de vivre, pour une fois. Pendant ces quelques jours de paix, on apprend à faire attendre le temps et à ouvrir les livres pour se regarder, au moins une fois, en face, dans la glace, sans briser le miroir. Utiliser ces secondes de repos face à nous- même pour dépasser la haine, oublier la colère. Tenter de se retrouver, lorsque, comme moi, on s'est perdu. Se réapprendre. Je dois de nouveau savoir lire mon langage, je dois fouiller dans mes bagages et retrouver mes rires. Plonger mes deux mains dans mes sacs trop lourds et me ressortir, naissante à la vie comme je l'étais. Et peut-être, accepter.
 
Et enfin, retrouver
Le souffle brûlant du vent d'été sur ma nuque
Le sel au coin des yeux
Les piqûres d'araignée
Et le thé glacé
 

 
"Aller, par au delà presque le langage,
Avec rien qu'un peu de lumière, est-ce possible
Ou n'est-ce pas que l'illusoire encore,
Dont nous redessinons sous d'autres traits
Mais irisés du même éclat trompeur
La forme dans les ombres qui se resserrent ?
Partout, en nous, rien que l'humble mensonge
Des mots qui offrent plus que ce qui est
Ou disent autre chose que ce qui est.."
 
Mat' et moi, chantant "Scratch" dans la rue
Notre nouveau tube
Et nos fous rires
 
Aprém' avec Délou
Juste de la complicité, des essayages ratés
[ D'autres plus réussis ]
Le bonheur
 
Les écrits du bac.. Over.
Oral de théâtre Jeudi
[ 8h à 20h
La fatigue arrive ]
 
"Ô poésie,
Je sais qu'on te méprise et te dénie,
Qu'on t'estime un théâtre, voire un mensonge,
Qu'on t'accable des fautes du langage,
Qu'on dit mauvaise l'eau que tu apportes
A ceux qui tout de même désirent boire
Et déçus se détournent, vers la mort. "
 
Citations :
Yves Bonnefoy
Mon coup de foudre..
 
 
 
 
 
 
 
June 02

Finalement. Pourquoi pas

     L'année se finit. Comme ça, sans trompettes, sans mouchoirs que l'on agite au loin. L'année se termine, encore. Il est de ces instants que l'on a tant attendus et qui lorsqu'ils se présentent ont le goût amer du "Déjà? Là, maintenant, tout de suite ?". Il est de ce moments où l'on saisit toute l'ampleur de ce que l'on a appris, acquis. Alors, c'est vrai, on peut se casser la figure, et de haut. Alors, c'est vrai, parfois les pansements, les béquilles, les atelles ne sont pas de trop pour nous soutenir dans le chemin escarpé qui nous force à grandir. Mais, il est également vrai, que l'on finit par y croire de nouveau, que l'on finit par retrouver le mode d'emploi des rires.
 
Et le jour où il sera interdit de rire
Le jour où l'on tombera de bas
Le jour où l'on cessera de croire
Le jour où les ours en peluches ne seront plus rapeux
Le jour où la guimauve ne sera plus élastique
Le jour où le chocolat sera mis au réfrigérateur
Le jour où il n'y aura plus de billes dans les cartouches d'encre
Le jour où l'on n'accordera plus aucune valeur aux mots
Le jour où la tragédie disparaîtra
Le jour où l'on aura les réponses
Ce jour là
Je rendrai les armes
Je baisserai la tête
Je capitulerai
Mais pas avant
 
     J'ai failli arréter d'écrire ici, j'ai failli ne plus avoir envie d'être lue. Mais j'ai réalisé que mon ours en peluche était encore rapeux contre ma joue de petite femme, qui souhaiterait atteindre l'âge adulte avec la robe à fleurs et les couettes d'une enfant. Alors finalement, j'ai décidé de continuer. J'ai décidé de regarder droit dans les yeux des gens, j'ai décidé de dire lorsque quelque chose ne me convenait pas. Bien sûr, il y a un tel précipice entre les mots et les gestes que je ne suis pas sûre d'y arriver, mais j'ai commencé à tisser un pont entre les deux rives du précipice. J'ai cru que cela ne servait à rien de se battre, mais un instant seulement.
 
Finalement, je n'ai pas perdu l'aiguille de ma boussole
Elle s'était seulement égarée dans mes chaussettes
J'ai de nouveau des places pour des concerts de battements de coeur
J'ai retrouvé mes rêves
J'ai retrouvé mes yeux émerveillées de gamine devant le sapin de Noël
Je perçois au loin le Tic-Tac des gouttes de ma clepsydre
Je m'étais perdue en cherchant à connaître
Je n'étais pas si loin, en fait
 
      Aurais-je eu peur des mots? Un petit peu. Rien qu'un peu, beaucoup? J'avais simplement oublié que les mots ne se donnent pas facilement, qu'il faut savoir les approcher, les apprivoiser. J'avais oublier que pour savoir utiliser le langage "il faut oublier les mots" [Yves Bonnefoy]. Il faut observer les mots, les mesurer, les peser. Il faut apprendre la patience [La plus importante des vertus selon Aristote]. Je ne savais plus attendre, je ne savais que regarder ma montre d'un air exaspéré. Je ne savais plus que le temps se déguste, se retient du bout des ongles, du bout des doigts. Heureusement, j'ai retrouvé la mémoire!
 
Ce ne sont pas que des abrévations
Pas que des lettres que l'on pianote à la hâte sur un clavier
Pas que de l'encre de Chine qui coule
Pas qu'un message sur un écran
Pas que des signes
Pas que des sons
Des M.O.T.S. 
 
       J'ai le coeur qui s'emballe lorsque je pense à l'année prochaine. Il y a tous ces changements qui m'attendent, il y a ces nouvelles personnes à apprendre, ces nouveaux mots à comprendre. Il y aura ce nouveau statut, ces nouveaux défis. Je vois déjà mes pieds dans sur le pavé de la capitale. Je n'ai pas peur, pas un petit soupçon d'angoisse. Juste l'envie de découvrir, l'envie de me jeter de plein fouet contre ce futur qui s'approche de moi, l'envie de le frôler du bout des doigts. Parce que j'ai pris ma décision, j'ai déterminé ce que je souhaitais vraiment faire.
 
Aprés avoir passé un certain temps à me demander ce que je pouvais bien désirer
Aprés avoir cherché tous les moyens possibles de ne pas prendre la décision
Aprés avoir sollicité des dizaines d'avis
Aprés m'être assise sur mon tapis
Avoir fixé le vide
Et m'être dit que j'étais définitivement foutue
J'ai pris ma décision
[ Champagne ]
 
     Alors, voilà, c'est fait ! J'ai décidé que les rêves était fait pour être vécus. Je me suis dit que finalement le bruit de la pluie contre mes carreaux était apaisant. J'ai réalisé que si j'avais envie d'écrire, il fallait que je le fasse, et suivre les conseils de mon grand-père, ne pas me préoccuper de ce qu'en pense les autres. J'ai compris que je devais me préoccuper de ce qui était réellement important, c'est à dire de toutes les choses que je n'ai pas eu envie de laisser derrière moi. Signer le programme de "La fausse suivante" pour mes grands-parents, regarder "Desperate Housewives" où se mêlent fous rires et larmes avec ma mère, plonger les mains dans la terre du jardin avec mon père, passer du temps avec les amis qui connaissent le poid des mots et continuer la philosophie, ces cours qui ont été mon radeau, mes instants de bonheur, ma foi, durant cette année scolaire couleur grisaille. Je me suis regardée dans la glace, et j'ai accepté ce que j'y ai vu: j'ai accepté le fait de grandir, le fait que la barbapapa ne se vende que dans les fêtes foraines, mes bleus, mes coups, mes erreurs et mes demis tours. Je me suis dit que j'avais le droit de croire.
 
Une année qui se termine
Des lambeaux de souvenirs à recoller sur la toile de ma vie
Des personnes que je n'ai pas assez remerciée
La gorge qui se serre
Un peu
Un sourire qui se dessine
Franchement
Et puis les mots de Jacques Prévert
[ Être ange, c'est étrange dit l'ange
Être âne, c'est étrâne dit l'âne ]
Voilà
 
Pour m'avoir aidé à tenir debout
Merci à mes parents
Pour m'avoir fait un de mes plus beaux cadeaux
Merci Tatiana
Pour avoir été là
Merci Touit
Pour avoir toujours été à mes cotês
Merci Maeva  
 Pour cette année de cours fantastique
Merci à mon prof' de philosophie
 

 
Je n'ai plus qu'à attendre
Pour savoir où je suis prise
Nan, je n'angoisse pas.
Hum..
 
"Jeunes gens
En cours de philosophie
Vous allez réapprendre à parler le français"
Un souvenir de deuxième cours
[ Cela va me manquer ]
 
Dans une semaine
Le bac
On bosse
On bosse
On bosse
 
 
April 20

La dernière ligne droite. Laissez moi rire!

     "La dernière ligne droite". Vraiment ? Droite ? Elles semblent pourtant escarpées, savonneuses, tourbillonnantes ces dernières semaines. Deux jours, deux tout petits jours, minuscules, et c'est le trou noir. Comme ça. Ce n'est pas la peur des examens, ce n'est pas le fait d'avoir à faire un choix, ce n'est pas le travail qui s'annonce. Ce sont les autres. Ceux que je ne vois que trop. Ceux que j'entend sans cesse. Ceux qu'il me faudrait fuir. Plus que quelques semaines. Quelques semaines de rien du tout? Ah bon? Non, pas du tout. C'est déjà quelque semaines de lâcheté. C'est toujours quelques jours d'hypocrisie. C'est encore des instants de colère. C'est la Haine.
     Je vous entend me dire de faire attention au poids de mes mots. Je vous entend me conseiller d'être modérée dans mes propos. Mais j'ai perdu toute modération, toute mesure. C'est comme ça. J'ai décidé d'adopter les extrèmes comme mode de conduite. C'est tout de suite beaucoup plus facile. Et choisir la facilité, parfois, cela soulage, cela repose. Alors je choisis des mots en forme de coups de poing, en forme de coup de pied, en forme de coups, tout court. Je frappe à travers les mots, parce qu'il paraît qu'on ne peut pas frapper dans la réalité. Parce qu'il faudrait rester souriant. Il paraît que ça fait bien de toujours se retenir, se contrôler. Sinon, evidemment, sinon, bien sur, la main peut partir toute seule.
     Ces paroles ne me ressemblent pas. Cette violence, cela ne devrait pas être moi. Mais où suis-je passée? Où ma gaieté s'est-elle cachée? Avant il y avait l'envie de se lever le matin, l'envie de se battre. Ecrasée, l'envie d'y croire. Effacée, l'envie de changer le monde. Difficile, de se lever. Je compte les jours, je compte les heures. Moi qui était présence, je ne suis plus qu'attente. Brusque déviation. Non. Brusque retour en arrière. J'ai tourné les talons. J'ai avancé. Je me suis arrétée. Et bien oui, je me suis oubliée. Je me suis effacée à la gomme. La déception a des effets etranges, n'est ce pas. Ne plus avoir le courage d'y croire. Ne plus avoir l'envie de voir. J'ai laissé derrière moi mon envie d'avancer, mon envie de continuer, de rêver.
     Pardon, j'arrête. C'est la perspective de cette "dernière ligne droite" qui fait jaillir de l'encre noire. C'est le sentiment de m'être perdue. Parce qu'en réalité, cette "dernière ligne droite" va passer vite. Et puis aprés il y aura le goût salée des vagues, il y aura le changement. Il y aura moi-même à reconcquerir. Moi? Avoir cessé d'y croire. Bien sûr que j'exagère. Je ne vis que dans l'attente de la fin de ces quelques semaines, la croyance reviendra, mais aprés, là, maintenant, elle est en train d'hiberner. Elle est partie, mais elle compte bien revenir. Et puis peu importe la bassesse de tous ces autres, peu importe le fait qu'ils soient aveugles. Aprés tout, je m'en fous que les masques tragiques cachent une absence d'intêrét, les monologues tragiques, je n'en veux plus. Finalement, ce n'est pas grave que les souvenirs ne correspondent plus à la réalité, que les souvenirs n'aient jamais correspondu avec les personnes de chair et de sang. Tant pis. On se détache, doucement. Et on garde le plus important. Bien sûr, il n'est pas bien lourd, ce "plus important", il se compose de quelques instants, de quelques espoirs. C'est puiser de la force dans ce que l'on trouve pour continuer à lutter, pour pouvoir sourir, et non pas vomir de la Haine, du mépris. Mais ne pensons plus à cela. Il y a toujours les instants de répits. Où l'on oublie. On l'on se perd dans la félicité d'un instant, dans l'ivresse d'un moment, dans le génie d'un auteur. Ce sont seulement des instants, des "plus importants. Mais.. C'est déjà bien assez.

Le génie de Luc Besson
La brutalité, la violence de ses images
Le courage de son regard
Lorsqu'il regarde les choses en face
A travers sa caméra
Et toute le charme de Nikita
 
Un pull trop petit
Un chien qui déclenche le Warning
Des cigognes
Et les goût du chocolat
 
Mes parents
Qui eux, ne me déçoivent pas
Les seuls
Avec qui je n'ai rien à craindre
C'est comme ça
 
Je veux pas aller en cours
Je veux plus aller en cours
Allez
On y va..
 
"Tant de choses qui sont mortes qui sont nées"
-Edmond Rostand-
Heureusement
Ils font partie des choses qui sont mortes
 
Des moments de bonheur avec Délou
Et Barnabé bien sûr
Et puis les couleurs
Et puis les chaussures trempées...
 
 
 
April 05

Pfiou, sur le gateau!

     Pfiou! D'un souffle je fais disparaître les flammes des bougies. Des dix septs bougies. On coupe le gateau, un nombre de parts impair. Forcément, c'est mon dix-septième anniversaire. Plus que des miettes dans les assiettes. Et des souvenirs qui se reflètent. Dix-sept ans.. Dix-sept ans.. Enfin! Déjà? Pas encore.. On les touche enfin du bout des doigts, ces dix-sept ans. On y arrive enfin à ces dix-sept années, cahin-caha, avec des chutes, avec des rires, avec des béquilles, mais ça y'est ! Ils arrivent ! On les attendait ces dix-sept ans. On les guettait d'une haut d'une tour.
     Ce n'était pas si facile que cela d'avoir seize ans. Pourtant, ça sonnait si bien seize ans. Au début des seize ans, tout était rose, jaune, coloré. Tout était gai. Mais ils se sont revelés plein de heurts, plein de coups, ces seize ans. Et pourtant, eux aussi on les avait entendu avec impatience. Aprés tout, tout le monde peut se tromper. Seize ans, l'année où j'ai grandi. L'année où j'ai compris que tout n'était pas barbapapa. L'année où j'ai cessé de croire que le monde était un sourire géant qui allait m'acueillir les bras ouverts. L'année où j'ai cessé de dire qu'il fallait pardonner, qu'il fallait y croire. L'année où j'ai perdu ma confiance envers les autres. Ces seize ans m'ont appris la méfiance, ces seize années m'ont appris la distance. Ces quelques mois m'ont appris à haïr, à avoir des envies de violence.
     Mais je ne suis pas juste. Il y a eu aussi tous les rires des ces seize ans. Tous ces souvenirs que l'on voudrait garder. Il y a eu tout le bonheur de l'adolescence mêlée à la crainte de devenir une femme, mêlée à l'envie de n'être plus une enfant. Il y a ceux qu'on a laissé qu'on a laissé derrière soi nous delestant d'un poid trop lourd. Ceux sans qui on arrive à être soi même. Tous ces générateurs de doutes, d'angoisses, de coeur en marmelade. Inutile d'en alourdir notre sac à dos, je les ai déposé au bord de la route, et je suis partie. Je ne dirai pas qu'il n'y a pas eu de regards en arrière, mais plus je m'éloignais plus je me rendais compte que ce que je laissais derrière moi n'avait rien pour me retenir. Alors j'ai décidé de ne plus m'empêtrer dans ces fils englués. J'ai tout coupé! Il y a eu cette liberté des seize ans. Il y a eu cette impression de me connaître mieux. Mais je me réserve encore beaucoup de surprises !
    Alors oui! Avec quelle impatience on les attendait ces dix-sept bougies sur le gateau ! Avec quelle soulagement on les voit s'approcher. Parce que, je n'ai pas perdu toute mon envie d'y croire. A dix- sept ans je vais abandonner loin derrière moi tous ceux que je n'ai plus envie de voir, tous ceux que je n'ai que trop entendus. Je vais rentrer dans une pèriode nouvelle, chausser de nouvelles chaussures pour arpenter les rues de la capitale. Je vais trouver de nouvelles lunettes, pour voir des nouvelles personnes. Et je vais jeter les numéros de téléphones qui ne servant plus à rien! Même si le monde n'est pas un sourire qui montre toutes ses dents, je vois bien qu'il essaye de me faire un timide sourire. Aprés tout, il y a les promenades dans paris. Enfin! Il y a les concerts de Vincent Delerm. Bien sur, il y a les pages des livres.. Le monde peut mettre tous les masques qu'il lui plait, il peut grimacer autant qu'il le souhaite, je saurai que ce n'est pas tout à fait vrai.
    Le temps est passé vite, trop vite. Je me revois petite fille avec des couettes: j'essaye de sauter dans la photo. Mais je ne suis plus une petite fille, aprés tout, je n'ai plus de couettes! Le temps m'a joué des tours... Où sont passés mes rêves de princes charmants? Où sont passés mes songes de cheval blanc? Enterrés, cachés, démolis, enfermés. Ils ont laissé leur place à d'autres rêves. Vraiment ? Si je n'attend plus de princes charmants, que suis-je en train d'attendre tout en haut de ma tour dorée? Les rêves sont fait pour être brisés. Ou réalisés.
    Dans les miettes de mon gateau d'anniversaire, je vois des images, des photos, des visages. Parfois j'ai envie de les attraper. Parfois, je voudrais simplement lancer mon assiette contre le mur. Mais on ne brise pas la vaisselle comme cela. Pour tout vous dire, ils s'annoncent bien noirs mes dix-septs ans, bien sombres, bien cendrés.  Pour tout vous dire, y a peu de gaieté dans cet anniversaire et j'ai seulement envie de balancer le gateau contre le mur.  Je regrette mes quinze ans, mes quatorze ans, mes treize ans. C'était mieux avant.
     Mieux avant. Avant, on était maladroits, mais on était plus vrais. Avant, on y croyait. Maintenant, il y a de ces personnes qui tarissent mes mots. Je n'ai plus rien à leur dire. Je n'ai plus un mot à leur offrir. Je n'ai plus rien à leur sourire. Les masques sont tombés. Je préférais la tragédie d'avant, je préférais le camouflage des années précédentes. Sans la toge et les cothurnes, il n'y a plus rien. Perdu, perdu, perdu. Pfiou, en soufflant sur ces bougies, je souffle sur mes souvenirs. Je souffle sur le sable de mon enfance. Je piètine la poussière de mon adolescence. J'écrase la mêche brûlante entre deux doigts. Juste comme ça. Pour voir la trace noire. J'ai froid. Mon enthousiasme de quinze ans me manque. Ma folie de quatorze me manque. Mes illusions de treize ans me manquent. Je me manque.
     Pfiou, je souffle sur mes bougies. Un coup de vent les éteint. Demain ne peut être que meilleur qu'aujourd'hui. Demain ne peut être que plus vrai qu'hier. Pfiou, il ne reste plus qu'une bougie. La dernière. Je fais un voeu, je souffle. On verra bien..
Samedi.. Mes dix-sept ans!

Craque-pas Maeva
Reste-là
Ils ne reste pas longtemps
En tout cas
Je suis là
 
"All work and no play make Jack a dull boy"
Tati, Thomas, Matt..
Vous voyez ce que je veux dire..
 
J-2
Avant Grandes-Oreilles
Les fous rires avec Tatiana
Et le gateau au chocolat
 
J'ai eu mon dernier cours de classe européenne
Ca fait tout drôle
En tout cas
Mon dessin a eu du succés!
 
Anne Aude
Merci
David
J'adore ton hélico'
 
Comment peut-on devenir si arrogant?
Si décevant?
Si plat?
 
Je crois que je suis gentiment en train de péter un cable
Rien de grave
N'est-ce pas docteur? 
 
C'est l'insouciance de cette photo
Que je voudrais récupérer
Où diantre peut-elle être passée
 
Enfin..
Il y a toujours les Dindons..
 
March 20

Egarement...

Perdus
Perdus, mes souvenirs
Les êtres de maintenant
Ceux de chair et de sang
Ne correspondent plus à l'image que j'en garde
Perdue, leur sincèrité
Ils ont tous appris à feindre, à se cacher
Même moi
Perdue, la clé qui ouvre les masques
Qui ouvre les coeurs
Qui ouvre les yeux
Egarée dans une paire de chaussettes
A un pied
 
Perdu
Perdue, l'enthousiasme des matins
L'envie de se lever, égarée
Ensablée
Il n'y a plus de bonheur à partir étudier
Une journée de plus à attendre la fin
Le soir est déjà empli de l'angoisse du matin
Repartir
Affronter ceux qu'on ne veut pas voir
Ignorer
Le coeur au coin du ventre
Enterré
 
Perdu
Perdues, les mains qui se tendent pour rattraper le temps
Arrêter les aiguilles
Qui semblaient trop rapides
Je voudrais les pousser
Perdu, le désir de garder les instants
A présent, je n'attend que l'été
Pour ne plus jamais voir
Pour avoir l'occasion d'essayer d'oublier
Je compte les jours
Compte à rebours
Tenir
Encore quelques jours
 
Perdu
Perdue, mon envie de confiance
mon envie de confier
Etouffée
Je ne suis que défiance, méfiance
Et anxiété
Perdue, les mots que je donnais
Je les garde pour moi
 Et je me les murmure
Je souris sans trahir mes pensées
Perdue, l'envie de dire
 
 Perdu
Perdue, mon opinion passée
Tous mes sourires aveugles
Déçue
Les figures familières sont des masques grotesques
Qui se brisent en chutant
Sur les dalles du temps
Sur les mots que l'on dit
Et qui blesse d'un soupir
Perdus, mon envie de garder
De revoir
De conserver
Perdue
Abandonnée
 
Perdu
Perdu, ce que je cherchais
Je n'avais pas tenu compte
Du temps écoulé
Je ne m'étais pas rendu compte
Que là encore, je me trompais
Essayer de retrouver
N'attraper que du vide
Perdu, l'enthousiasme de rire
Car les rires sonnent faux
Si l'on n'ose tout dire
Perdu, le dictionnaire de mots dans lequel je piochais
Brûlé
 
Perdu
Perdues, la force, la volonté
Dont il me fallait user
Pour regarder en face
Ce que je me disais
Perdue, l'envie de dire les choses
D'échapper à la fuite
Je ne veux que courrir
Et ne plus m'arrêter
Ne pas avoir à dire, à avouer
Simplement
Être muet
 
Perdu
Perdu, mon flegme brittanique
Je cède à la colère
Danse aux bras de la Haine
Je ne veux plus entendre ceux qui ne savent pas dire
Perdue, ma patience
Occuper tout mon temps
Pour accélérer le rythme
Des tic tac de l'horloge
Des gouttes de la clepsydre
Perdue, l'envie d'attendre
D'eterniser
 
 Perdu
Perdus, tous mes sourires
Que je savais servir
En réponse à tous les préjugés
A toutes les grandes paroles, qui ne veulent rien dire
Aux idées arrétées
Aux convictions inébranlables
Perdus, tous mes "Je donne le change"
Je ne sais que grimacer
Tordre la bouche en le rictus amer
De la Desabusée
 
Perdu
Perdue, mon envie d'être révoltée
De changer les mondes
De décrocher les étoiles
Perdue, toutes mes illusions
Je ne bombarde plus de mots ceux qui ignorent encore
Ce qu'il est juste de faire
Je laisse couler
Envolés, mes grands discours
Mes grandes phrases
 L'éloquence
 
Perdu
Perdu, ce courage qui me manquait
Il m'échappe encore
Me glisse entre les doigts
Me fait abandonner
Perdu, mon envie de me battre
De lutter
Pour toutes ces convictions que je crois plus vraies
Pour tous les desespoirs
Qu'il faudrait arrêter
Pour tous les coeurs cassés
Qu'on devrait réparer
 
 Perdu
Perdus, les mots qui affluaient
Me venant facilement
Perdue, la facilité à exprimer
Tout ce que l'on veut dire
Tout ce que l'on soupire sans oser l'avouer
Effacée, cette foi que j'avais dans les mots
Egarée, cette confiance
Aveuglement stupide
Dont je me suis débarassé
Donnant un coup de balai sur mes phrases préparées
S'offrir
Sans discours, sans avant, sans aprés
Offrir le présent
A ceux qui nous écoutent
 
Perdu
Perdue, cette mesure que j'avais
Cette équilibre fragile
Ce tas de poussière grise
Sur lequel un enfant a soufflé
Comme on souffle les bougies d'un gateau d'anniversaire
Perdu, cette sérénité
J'avance dans les extrèmes
Dans la colère, la Haine
Dans le soi tout soi rien
J'avance et je trébuche
Je ne suis plus mesurée
 
Trouvé
Trouvée, comment se réchauffer à la flamme des souvenirs
Comment ne pas montrer ce que l'on n'ose dire
Comment résister en silence
Trouvée, la femme que je deviendrai
L'enfant que je resterai
Les couettes que je garderai
Les vestes que j'aurai
Trouvées, des personnes à ne pas oublier
A garder
Conserver
Trouvée
Enfant
Jeune-Fille
Femme
Moi qui est
 
Dans une semaine
Concours général de philosophie
Six heures à écrire
Autant vous dire que je vais rigoler
Dans deux semaines et demi
Dix-septs ans
DIX-SEPTS ans
'Tain
17 ans
Il y'en a
Qui ne comprennent vraiment rien
Il y'en a
Qui sont vraiment mal placés
Pour dire quoi que ce soit
A voir absolument
Chroniques d'un scandale
Vous verrez
Ce film est à marquer d'une "Etoile d'or"
Comme mon article le suggère trés finement
Vivement que la Terminale se termine
Mais quelle année de M***!
Mais qu'Ils sont bas..
Dans une semaine et demi
Le concours de Maeva
*Je pense à toi*
Talons Aiguilles
Un de ces petits chef d'oeuvre
Qui parsèment nos écrans
Avec
Le si Beau
Miguel Bosé
*Miguel, si tu passes par là,
Fais moi un signe..*
 
 
Miguel Bosé "Un Año De Amor"
envoyé par Galiza
 
Miguel Bosé..
Un chef d'oeuvre ce film
Que moi je vous dis..
La chanson
*Si belle*
Est de Luz Casal
 
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