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Claire Tout Net

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17
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Woody Allen a dit: "Je hais la réalité mais c'est quand même le seul endroit où se faire servir un bon steak." Moi, c'est pareil, mais avec un dessert.
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crazyfille

Dés qu'un homme est né il est assez vieux pour mourir alors tâche de t'en souvenir...
November 30

Claire tout net s'en va pas vraiment, non.

    La perspective de fermer cet "ici" me mettait la tête à l'envers et le coeur dans les chaussettes. Donc non. Les mots se font rares car le temps avance à grandes enjambée dans ses bottes en caoutchouc rouge piment. Mais les phrases restent debout tout de même. Et peu importe que les mots trop rapides n'aient aucun sens, tant pis si je n'écris que pour entendre le tac tac de mes doigts sur le clavier. Parce que tapoter sur ces touches en plastique, c'est me couper un instant du monde. Du droit. De la prépa'. Des bruits de moteur s'agrippant à la vie de dehors. Des cris des autres humains.
    Oui, mais comme le temps avance à grandes enjambées dans ses bottes en cuir [ il a changé depuis tout à l'heure ], et que je ne peux le rattraper même en hélant des taxis, je déménage. C'est un autre "ici", enfin un "là bas", où les mots sont plus courts, mais pour aujourd'hui, plus moi. C'est un ailleurs tout noir mais rempli de lumière. Et c'est toujours absurde.
Alors voilà, peut-être que si le temps décide d'enfiler des tongs et de ralentir je pourrai reprendre mes grandes épopées verbiales ici, mais pour le moment allons ailleurs.
 
 
Voilà, voilà.
 
[ Pouïpouï ]
 
 
October 22

Trois petits points

Mon espace perso' est sur pause.
Je ne suis pas sûre de le remettre sur play un jour.
J'ai besoin de temps, pour faire le point.
Pour tout dire.
J'adore le droit.
Ma prépa' est trés sympa.
Mes profs sont géniaux.
Et les cours passionnants.
Mais c'est moi qui ne cadre pas.
Ou qui ne veut pas cadrer, ce qui revient au même.
Je continue à passer sur vos blogs.
 
September 29

Come back

     Le temps s'est remis en marche. Tic, tac, tic. Mes pieds ont retrouvé le rythme, tout seuls. J'y suis enfin. J'y suis, déjà. Le matin, lorsque les premiers rayons du soleil rasent les bancs couverts de tags du forum des Halles, lorsque mes pas, couleur orange fluo, résonnent sur les pavés de la capitale, j'ai envie d'y croire. La vie se déroule d'elle même devant mes paupières grandes ouvertes, se déroule à travers le picotement acide du froid sur le bout de mes mains, le bout de mes doigts. Le temps file de nouveau devant moi, trop vite, et je tends mes bras, toujours trop courts pour le retenir.
    J'ai posé une main fraîche sur le front de mes doutes, de mes peurs, de mes demi-tours et de mes deux pieds collés à la glue sur la même dalle depuis trop longtemps. Le matin, je me regarde bien en face, dans le mirroir, bien en face de ces doutes, de ces peurs, et de ces demi tours. Je les apprend et je les défie de reprendre la place qu'ils ont occupée ces derniers temps. J'essaye de me tisser telle que je suis et non pas telle que je n'arrive pas à être. J'essaye, de nouveau. Je reste autant de secondes que nécessaires devant ce mirroir, j'attend que les minutes me modèlent un sourire.
     Je retiens des bouts de bonheur sous mes ongles. Dans mon grand livre d'images je colle les bottes espagnoles de Tatiana, les éclats de rire de Mathieu, le "pitou" de Thomas, le gateau au yahourt de Priscillia, le sac à main plein de trésors de Maëva et les converses déchirées de Melanie. Je me réchauffe de ces instants. Ces instants où nous sommes.
      Cela faisait longtemps, n'est ce pas? Long temps d'espoirs piétinés, long temps de colère aveugle. Nouvelle inspiration apportant l'oxygène nécessaire à la confiance. Je débute tous justes mes études, et je n'en reviens pas. Moi qui ne pouvais imaginer qu'un jour, je serais étudiante. Assise sur les bancs de ma prépa', je savoure. Rédigeant ma deuxième dissert' en droit, je souris. C'est le bonheur tout simple de se sentir soi, et de se rendre compte que "soi", c'est pas si mal...
     J'oublie ce dont je ne veux pas me souvenir. J'efface ce que je ne souhaite plus avoir devant mes yeux. Je raye ce qui me mettait hors de moi. Au lieu de partir sans cesse à la recherche des questions qui me tiraillent, je cherche les réponses. Je me retrouve sous le bout de mes doigts, je me revois dans le bruit des touches de mon clavier, je me reconnais dans ma panique lorsque je réalise que j'ai lu bien trop tard. Je suis là, juste là, si proche. Et j'arrive même à en rire.

 
Voilà.
J'adore ma prépa'
J'adore le droit.
Même si j'ai le dos cassé à force de transporter l'énorme Gicquel...
 
Voilà.
C'était aussi simple que ça.
Il suffisait d'un peu de courage...
 
Du bonheur un peu partout en fait..
Du bonheur des chaussettes aux noeuds dans les cheveux
Du bonheur dans, sur et sous les yeux.
Voilà...
 
August 30

Parce que parfois, cela arrive

Poser un à un mes orteils sur le sol glacé
Puis baisser les yeux
Observer mes pieds sur le parquet
Les voir frémir, encore engourdis de chaleur
De sommeil
Avoir la tête vide
Être simplement concentrée sur cette vision
Instant de non sens
C'est cela, le bonheur
Courir dans les vagues
Avoir les cheveux salés, emmelés, abimés
Faire la planche et clore les paupières
Juste
Savourer le simple fait d'être ici
Là-bas
Se faire tomber et se donner des coups
Se battre contre l'océan
Donner des coups de poings et laisser choir la colère sur le sable
C'est cela le bonheur
Retrouver mes cinq ans
Les ai-je vraiment quittés ?
Construire des châteaux de sable
Creuser des bassins
Et puis s'inventer des histoires
De roi réduisant les délais pour la construction de l'escalier au milles marches
Croire que le palais de sable, fragile, durera cent ans
Retrouver mon enfance
Mon oublie de moi-même
Boire simplement à même la bouteille en plastique l'eau de la vie
C'est cela le bonheur
 Se peindre les ongles de pied
En bleu, en violet, en orange
Et observer le soleil se refléter sur les couleurs vivantes de nos orteils
Se colorier les ongles
Juste pour moi
Oublier que les autres aussi le voient
Simplement, les peindre méticuleusement
Pour le plaisir de voir les couleurs en transparence sous les draps blancs
C'est cela le bonheur
Le soir
La tête posée sur l'oreiller
Les yeux grands ouverts derrière les paupières fermées
Effacer à la gomme les lignes de sa vie
Et tout réecrire
Céder au romantisme
Rêver de tous les excés
Et ne pas s'endormir, surtout
Car notre vie n'est pas encore réglée dans les moindres détails
Oublier qu'aprés tout les paupières sont fermées devant les yeux ouverts
Oublier qu'en réalité, demain en levant la tête qui est posée sur l'oreiller
On ne sera que nous même
C'est cela le bonheur
 Gagner au backgammon
Et retrouver la fierté et la joie de l'enfant que ses parents ont laissé gagner
Savourer sa victoire
Rire, car cette fois, les dés nous ont offert la chance
La tête à l'envers
Effectuer une danse de joie, les pieds nus contre les dalles
C'est cela le bonheur
L'excitation de ce qui m'attend
Des instants encore inconnus
Découvrir
Ouvrir les yeux et les paupières pour avaler de la vie
De grandes bouchées d'existence
Se pencher tard sur les livres
Ceux dont les caractères sont si petits
Avoir les doigts plein d'encre
Tendre la main et accepter d'essayer d'être soi
Pas forcément une autre
Pas forcément cachée derrière une muraille protégée par des archers
Pas tout à fait recouverte d'écailles
Pas vraiment munie d'une hache
Retrouver les indices de soi
Je m'en étais tout de même laissé
Peu
Mais ils sont le commencement
Marcher
Ne plus regarder ses pieds par crainte de tomber
Regarder droit devant, vers l'inconnu
Trébucher, sans doute
Tomber, peut être
S'égratiner, pourquoi pas
Mais aprés tout, seulement trébucher, tomber et s'égratiner
Et enfin
Ouvrir les mains pour essayer d'évaluer combien pèse l'air
Laisser les tâches de rousseur arriver
Craindre de se perdre à nouveau
Se méfier de soi même
Et ne plus se laisser seul
Toujours s'accompagner
Remonter les lunettes sur mon nez pour voir
De nouveau
Aprés, tout, n'est ce pas cela le bonheur ?
L'ivresse d'un simple instant
La perte de contrôle
Et se retrouver face à soi
Avec
Un peu de temps, un fusain et une feuille de papier
Se croquer rapidement, maladroitement
Mais, enfin
Avoir une esquisse de soi-même.
 

 
En matière de comédie romantique
Ma référence c'est
"Coup de foudre à Notthing Hill"
 
En matière de film comique
Les titres qui me viennent au lèvres sont
"Les visiteurs"
"Les bronzés" et "Les bronzés font du ski"
"Some like it hot"
"Tais-toi !"
Certains Woody Allen
Et bien sûr, les grands De Funés
 
En matière de réalisateurs
Mes dieux sont
Luc Besson
[ Dieu suprème ]
Woody Allen
Les frères Cohen
Lars Von Trier
Emir Kusturica
Alain Resnais
Claude Miller
Et la trés prometteuse Zabou Breitman
 
En matière de films en général
Les chefs d'oeuvre sont
"Arizona Dream"
"L'homme de sa vie"
"La vie des autres"
"Good Bye Bafana"
"Dogville"
"Truman Capote"
"Lady Killers"
"O' Brotheurs"
"The Hours"
"Match Point"
"La neuvième porte"
"Sept ans au Tibet"
"Out of Africa"
"Edward aux mains d'argent"
Et j'en oublie bien sûr...
 
Et enfin, en matière d'acteurs
Je ne peux parler que de
Johnny Depp
Charles Berling
Nicole Kidman
Meryl Streep
Sandrine Kiberlain
Anne Parillaud
Jean Reno
[ Particulièrement lors de leur travail avec Luc Besson ]
 
Voilà, ce compte rendu cinématographique..
J'en avais envie.
 
July 11

Les tresses par terre

      Chaque matin, je détourne les yeux de mon miroir, je passe rapidement à autre chose, pour ne pas voir. J'ai osé me regarder dans mon miroir. Je n'ai pas aimé ce que j'y ai vu. Je savais avancer, marcher en oubliant que la route est semée d'embûches, je ne suis plus que défiance, méfiance et portes fermés. Alors, je préfère parfois marcher à reculons sur le chemin de la vie. J'ai également remarqué ma colère. De cette rage qui aveugle, de cette fureur qui étouffe. J'ai observé ma rancoeur, ma haine. Je me suis vue comme je n'aurais jamais voulu me voir. Je suis d'un goût amer, mon reflet est acide. Je ne suis plus que la moûe de l'enfant dégouté par la boue sur ses mains. Je ne me suis pas reconnue en cette personne cynique, haineuse, et arrêtée sur le chemin. J'ai vu tout ce que je n'étais plus. Evaporée, ma foi en la vie, mon évermeillement de chaque instant. Recouvert de poussière mes sourires aux anges. Electrocutée mon énergie. Dans mon psyché, j'ai découvert mon abandon de toutes les choses qui étaient importantes à mes yeux. Ces choses : la glaise du moule qui me forme. J'ai vu les mots qui m'échappaient. J'ai vu toute mon intolérance. Moi qui tentais de croire en tous, je déclarai chacun perdu d'avance. J'ai vu tout ce que certains essayaient de me dire. Mon abandon de moi. J'aurais du voir les regards d'incompréhension. Alors oui, mon reflet dans le miroir ne m'a pas plu. Alors oui, je ne suis pas reconnue.
      Mais j'ai vu. J'ai accepté de regarder mon miroir, et, au lieu de le briser en mille morceaux, j'ai observé mon reflet dans ses moindres détails. Pour me remplir de l'incompréhension qu'il m'inspirait. Inconnue à moi-même, j'ai decidé de me regagner. J'ai coupé mes tresses blondes, et en sentant le ciseaux froids contre mon cou, j'ai senti que j'avais finalement réussi à avancer. En abandonnant mes longs cheveux, j'ai abandonné tous les souvenirs de cette année. J'ai rayé tous les numéros de téléphone et adresses inutiles. Le premier pas pour retrouver la confiance, pour retrouver le sourire. Sans ma lourde tignasse, je suis assez légère pour avancer plus vite. Tenter, du bout des doigts, essayer du bout du coeur. Arracher la vie, du bout des ongles. Me lever le matin et écrire. Faire des traces de peinture sur les meubles. Et puis enfin, respirer assez fort, pour croire, encore. Inspirer, assez profondément, pour obtenir toujours. Fermer les yeux assez longtemps pour laisser arriver les points de suspension. Rêver. Et chaque soir, au creux de l'oreiller, se construire, brique aprés brique, une nouvelle vie. Parfois, laisser l'émotion déborder. Apprendre que les larmes sont salées. Découvrir comment écouter les battements de son coeur, comment hurler de rire, et se laisser porter. Croire en les livres, de nouveau. Savoir qu'un livre ne peut raconter que la verité puisque c'est un livre. Enfin.
      Et aujourd'hui, j'en ai envie. Je veux me retrouver. J'y crois. Et à cet instant, je veux me donner les moyens de donner des coups de poings contre mon reflet. Piétiner toge, cothurnes et masque grec. Déchirer les visages sur les photos. Je passe la main dans mes cheveux courts. C'est étrange, comme le courage et la volonté revient. Surprenant de découvrir tout ce que l'on refuse de voir dans notre miroir. Déroutant de se perdre en chemin et de ne plus savoir quelle route on a prise. Déconcertant de ne pas être sûre d'avoir pris les bonnes décisions, puisque ces décisions, on les a prises en ouvrant une page au hasard. Déchirant, d'avoir abandonné certaines personnes derrière nous et de se rendre compte que l'on aurait peut-être pas du, aprés tout. Me regarder dans le miroir et n'être plus que l'incompréhension qui desespère. Se retrouver dans une fossette, un éclat de voix, et se raccrocher de toutes ses forces à ce bout de soi. Bientôt, je me reconnaîtrai de nouveau dans le miroir. Et peut-être que je me sourierai, qui sait ?
 

 La Terminale est finie
Enfin..
Vous ne pourrez jamais vous imaginer mon soulagement
[ J'ai mon bac mention Bien ]
 
"J'ai tout mangé le chocolat
J'ai tout fumé les Craven A
Et comme t'étais toujours pas là
J'ai tout vidé ton Rhum Coca
J'ai tout démonté les tableaux
J'ai tout relu Françoise Dolto
J'ai même laceré le Cocteau
Que tu cachais sous ton bureau..."
 
Repeindre la commode
Et bien sûr, mettre de la peinture partout
Cuisiner
Et rire surtout
[ Délou ]
 
"Fallait pas m'quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là..."
 
Mat'
Mon barbouilleur de sourires
" 'Want to hold me with their hand"
"J'avale tes cheveux !"
Nos fous rires
 
"J'ai tout demonté le bahut
J'ai tout bien étalé la glu
Comme t'étais toujours pas rev'nu
J'ai tout haché menu menu
J'ai tout brûlé le beau tapis
J'ai tout scié les pieds du lit
Tout décousu tes beaux habits
Et mis le feu à la pend'rie..."
 
Thomas, mon alter ego dans les centres d'attractions
"Claire, remonte!"
"Il manque l'attraction Claude"
"On ne peut plus fuir, il faut affronter"
"Claire, dis-moi que tout va aller"
Nous, fuyards..
 
"Fallait pas m'quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là
Fallait pas gâcher mon coeur
M'laisser sans baby sitter
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand mes yeux pleurent.."
 
Vendredi
Je pars six semaines en Grèce
[Enfin, un peu de beau temps!]
 
"J'ai tout renversé les poubelles
J'ai tout pillé ta belle vaisselle
Attends, c'est pas tout à fait tout
J'ai aussi depensé tous tes sous..."
 
Et la dernière phrase est pour Maëva
"Hum, c'est goûtu.."
 
 
June 19

Je demeure

     Les temps qui s'avancent sont des temps à part. Des secondes qui cessent de dégringoler. Des minutes de paix, des heures pour s'arrêter sur un banc, on reprendra la route aprés. Les temps qui arrivent nous offrent la lenteur des journées qui ne finissent plus. Du sommeil d'été qui engourdit les membres. Ce sont les heures qui  nous sourient. Un tic tac qui s'affaiblit, l'obsession de la fuite de l'eau dans la clepsydre qui cesse. Nos mains retiennent le sable dans leurs paumes ouvertes. C'est la vie toute simple qui reprend ses droits. Arrêter le métronome. Alors oui, les temps qui se pressent à nos portes ne sont plus ceux que l'on connaît, ce sont les temps du repos muet.
 
Boire l'eau de la vie présente dans les sourires
Faire des tresses en guimauve
Souffler sur les miettes que l'on veut nous offrir
Toujours demander plus
Oublier de craindre le pire
Et écraser du pied ceux que certains
[ Fous ]
Osent nommer "Réalité"
Croire
 
      Prendre le temps d'inspirer les particules de rêves, prendre les minutes nécessaires pour souffler sur la poussière du marchand de sable.  Accepter que l'on ne peut sans cesse courir. Savoir déposer son ballot de souvenirs trop lourds sur la route, et s'asseoir à coté. Essayer de respirer, réapprendre à lire et à observer. Essayer simplement d'être là. Comprendre que le temps sait attendre, qu'il nous a attendu et qu'il nous attendra. Il nous faut réaliser que parfois, si l'on peut laisser filer la soie de notre vie, on pourra gaspiller du temps sans en perdre. Juste ainsi, avec la facilité de l'enfant qui rit.
 
Piocher dans la pile des souvenirs d'enfants
Prendre les moustaches de chocolat
Les costumes de danse et les paillettes
Les genoux du Père Noël
Les papiers dorés des bonbons
Les bottines abîmées
Les joues rouges de ceux qui croient
Et les éclats de sourires
Retrouver
 
      Les temps qui frappent à notre porte sont ceux de l'espèrance. S'offrir l'abandon total à la confiance. Les secondes que je peux frôler des doigts sont celles des yeux écarquillées de l'enfant en salopette verte qui accepte la merveille de ce qu'il voit. L'enfant, le surpris de chaque instant. Il est " L'esprit qui reprend à son origine, sa tâche de lumière dans l'enigme" [Yves Bonnefoy]. Les minutes qui arrivent sont celles de l'accord parfait sur le piano. Ces minutes où l'on acceptera de citer les mots d'un autre plutôt que de trébucher dans les lettres en n'acceptant que sa propre prose.
 
Accepter la fin de nos mains
L'étendue finie de nos rires
Le nombre d'heures compté de notre coeur
La courte durée de notre âme
Le nombre de Tic-Tac dans notre Sang
Dire oui au bout de Nous
 
      Bientôt les temps de paix. Les temps où nous sommes seuls face à nous même, face à nos croyances qui se révèlent être fausses, face à nos défiances. Tenter d'aimer tout de même ce que nous réflète notre miroir. Pouvoir nous aimer incomplet, plein de heurts et de bosses. Nous aimer dans tout ce que nous avons de défaillant, de dérisoire, de prévisible. Savoir que là où nous sommes chutes, nous sommes élevations vers l'horizon, que lorsque nous sommes échecs, nous sommes aussi croyances. Ces instant qui sont paix car chaques minutes comptent, car chaque gorgée de vie, chaque bouchée de présence, se déguste.
 
J'ai le rire à fleur de peau
J'ai les mots au bord des lèvres
J'ai les larmes au fondu du ventre
J'ai mes rêves devant les yeux
J'ai la rage au creux des mains
J'ai les sourires sur les paupières
J'ai la réalité sous mes pieds
Et j'ai le coeur qui perd la tête
 
     Le temps qui est toute proche est celui qui étouffe sous le poids des questions. C'est le temps de la solitude qui s'approche. Il faut bien revenir en arrière parfois. On ne peut pas toujours aimer ce qu'on voit dans la glace. Il n'est pas toujours facile de faire face à la colère sourde. Il faut parfois briser plusieurs glaces pour apprendre, finalement, à s'apprivoiser, peut-être. Parfois il faut un cahier de ratures pour trouver la phrase juste. Souvent, il est nécessaire de tomber pour apprendre à se mettre debout. Il n'y a que l'incompréhension qui fait ouvrir les livres du savoir. Alors, pendant ce temps qui s'offre à nous, on s'assied sur le banc qui nous tend ses deux accoudoirs, on prend le temps de vivre, pour une fois. Pendant ces quelques jours de paix, on apprend à faire attendre le temps et à ouvrir les livres pour se regarder, au moins une fois, en face, dans la glace, sans briser le miroir. Utiliser ces secondes de repos face à nous- même pour dépasser la haine, oublier la colère. Tenter de se retrouver, lorsque, comme moi, on s'est perdu. Se réapprendre. Je dois de nouveau savoir lire mon langage, je dois fouiller dans mes bagages et retrouver mes rires. Plonger mes deux mains dans mes sacs trop lourds et me ressortir, naissante à la vie comme je l'étais. Et peut-être, accepter.
 
Et enfin, retrouver
Le souffle brûlant du vent d'été sur ma nuque
Le sel au coin des yeux
Les piqûres d'araignée
Et le thé glacé
 

 
"Aller, par au delà presque le langage,
Avec rien qu'un peu de lumière, est-ce possible
Ou n'est-ce pas que l'illusoire encore,
Dont nous redessinons sous d'autres traits
Mais irisés du même éclat trompeur
La forme dans les ombres qui se resserrent ?
Partout, en nous, rien que l'humble mensonge
Des mots qui offrent plus que ce qui est
Ou disent autre chose que ce qui est.."
 
Mat' et moi, chantant "Scratch" dans la rue
Notre nouveau tube
Et nos fous rires
 
Aprém' avec Délou
Juste de la complicité, des essayages ratés
[ D'autres plus réussis ]
Le bonheur
 
Les écrits du bac.. Over.
Oral de théâtre Jeudi
[ 8h à 20h
La fatigue arrive ]
 
"Ô poésie,
Je sais qu'on te méprise et te dénie,
Qu'on t'estime un théâtre, voire un mensonge,
Qu'on t'accable des fautes du langage,
Qu'on dit mauvaise l'eau que tu apportes
A ceux qui tout de même désirent boire
Et déçus se détournent, vers la mort. "
 
Citations :
Yves Bonnefoy
Mon coup de foudre..
 
 
 
 
 
 
 
June 02

Finalement. Pourquoi pas

     L'année se finit. Comme ça, sans trompettes, sans mouchoirs que l'on agite au loin. L'année se termine, encore. Il est de ces instants que l'on a tant attendus et qui lorsqu'