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6月19日

Je demeure

     Les temps qui s'avancent sont des temps à part. Des secondes qui cessent de dégringoler. Des minutes de paix, des heures pour s'arrêter sur un banc, on reprendra la route aprés. Les temps qui arrivent nous offrent la lenteur des journées qui ne finissent plus. Du sommeil d'été qui engourdit les membres. Ce sont les heures qui  nous sourient. Un tic tac qui s'affaiblit, l'obsession de la fuite de l'eau dans la clepsydre qui cesse. Nos mains retiennent le sable dans leurs paumes ouvertes. C'est la vie toute simple qui reprend ses droits. Arrêter le métronome. Alors oui, les temps qui se pressent à nos portes ne sont plus ceux que l'on connaît, ce sont les temps du repos muet.
 
Boire l'eau de la vie présente dans les sourires
Faire des tresses en guimauve
Souffler sur les miettes que l'on veut nous offrir
Toujours demander plus
Oublier de craindre le pire
Et écraser du pied ceux que certains
[ Fous ]
Osent nommer "Réalité"
Croire
 
      Prendre le temps d'inspirer les particules de rêves, prendre les minutes nécessaires pour souffler sur la poussière du marchand de sable.  Accepter que l'on ne peut sans cesse courir. Savoir déposer son ballot de souvenirs trop lourds sur la route, et s'asseoir à coté. Essayer de respirer, réapprendre à lire et à observer. Essayer simplement d'être là. Comprendre que le temps sait attendre, qu'il nous a attendu et qu'il nous attendra. Il nous faut réaliser que parfois, si l'on peut laisser filer la soie de notre vie, on pourra gaspiller du temps sans en perdre. Juste ainsi, avec la facilité de l'enfant qui rit.
 
Piocher dans la pile des souvenirs d'enfants
Prendre les moustaches de chocolat
Les costumes de danse et les paillettes
Les genoux du Père Noël
Les papiers dorés des bonbons
Les bottines abîmées
Les joues rouges de ceux qui croient
Et les éclats de sourires
Retrouver
 
      Les temps qui frappent à notre porte sont ceux de l'espèrance. S'offrir l'abandon total à la confiance. Les secondes que je peux frôler des doigts sont celles des yeux écarquillées de l'enfant en salopette verte qui accepte la merveille de ce qu'il voit. L'enfant, le surpris de chaque instant. Il est " L'esprit qui reprend à son origine, sa tâche de lumière dans l'enigme" [Yves Bonnefoy]. Les minutes qui arrivent sont celles de l'accord parfait sur le piano. Ces minutes où l'on acceptera de citer les mots d'un autre plutôt que de trébucher dans les lettres en n'acceptant que sa propre prose.
 
Accepter la fin de nos mains
L'étendue finie de nos rires
Le nombre d'heures compté de notre coeur
La courte durée de notre âme
Le nombre de Tic-Tac dans notre Sang
Dire oui au bout de Nous
 
      Bientôt les temps de paix. Les temps où nous sommes seuls face à nous même, face à nos croyances qui se révèlent être fausses, face à nos défiances. Tenter d'aimer tout de même ce que nous réflète notre miroir. Pouvoir nous aimer incomplet, plein de heurts et de bosses. Nous aimer dans tout ce que nous avons de défaillant, de dérisoire, de prévisible. Savoir que là où nous sommes chutes, nous sommes élevations vers l'horizon, que lorsque nous sommes échecs, nous sommes aussi croyances. Ces instant qui sont paix car chaques minutes comptent, car chaque gorgée de vie, chaque bouchée de présence, se déguste.
 
J'ai le rire à fleur de peau
J'ai les mots au bord des lèvres
J'ai les larmes au fondu du ventre
J'ai mes rêves devant les yeux
J'ai la rage au creux des mains
J'ai les sourires sur les paupières
J'ai la réalité sous mes pieds
Et j'ai le coeur qui perd la tête
 
     Le temps qui est toute proche est celui qui étouffe sous le poids des questions. C'est le temps de la solitude qui s'approche. Il faut bien revenir en arrière parfois. On ne peut pas toujours aimer ce qu'on voit dans la glace. Il n'est pas toujours facile de faire face à la colère sourde. Il faut parfois briser plusieurs glaces pour apprendre, finalement, à s'apprivoiser, peut-être. Parfois il faut un cahier de ratures pour trouver la phrase juste. Souvent, il est nécessaire de tomber pour apprendre à se mettre debout. Il n'y a que l'incompréhension qui fait ouvrir les livres du savoir. Alors, pendant ce temps qui s'offre à nous, on s'assied sur le banc qui nous tend ses deux accoudoirs, on prend le temps de vivre, pour une fois. Pendant ces quelques jours de paix, on apprend à faire attendre le temps et à ouvrir les livres pour se regarder, au moins une fois, en face, dans la glace, sans briser le miroir. Utiliser ces secondes de repos face à nous- même pour dépasser la haine, oublier la colère. Tenter de se retrouver, lorsque, comme moi, on s'est perdu. Se réapprendre. Je dois de nouveau savoir lire mon langage, je dois fouiller dans mes bagages et retrouver mes rires. Plonger mes deux mains dans mes sacs trop lourds et me ressortir, naissante à la vie comme je l'étais. Et peut-être, accepter.
 
Et enfin, retrouver
Le souffle brûlant du vent d'été sur ma nuque
Le sel au coin des yeux
Les piqûres d'araignée
Et le thé glacé
 

 
"Aller, par au delà presque le langage,
Avec rien qu'un peu de lumière, est-ce possible
Ou n'est-ce pas que l'illusoire encore,
Dont nous redessinons sous d'autres traits
Mais irisés du même éclat trompeur
La forme dans les ombres qui se resserrent ?
Partout, en nous, rien que l'humble mensonge
Des mots qui offrent plus que ce qui est
Ou disent autre chose que ce qui est.."
 
Mat' et moi, chantant "Scratch" dans la rue
Notre nouveau tube
Et nos fous rires
 
Aprém' avec Délou
Juste de la complicité, des essayages ratés
[ D'autres plus réussis ]
Le bonheur
 
Les écrits du bac.. Over.
Oral de théâtre Jeudi
[ 8h à 20h
La fatigue arrive ]
 
"Ô poésie,
Je sais qu'on te méprise et te dénie,
Qu'on t'estime un théâtre, voire un mensonge,
Qu'on t'accable des fautes du langage,
Qu'on dit mauvaise l'eau que tu apportes
A ceux qui tout de même désirent boire
Et déçus se détournent, vers la mort. "
 
Citations :
Yves Bonnefoy
Mon coup de foudre..
 
 
 
 
 
 
 
6月2日

Finalement. Pourquoi pas

     L'année se finit. Comme ça, sans trompettes, sans mouchoirs que l'on agite au loin. L'année se termine, encore. Il est de ces instants que l'on a tant attendus et qui lorsqu'ils se présentent ont le goût amer du "Déjà? Là, maintenant, tout de suite ?". Il est de ce moments où l'on saisit toute l'ampleur de ce que l'on a appris, acquis. Alors, c'est vrai, on peut se casser la figure, et de haut. Alors, c'est vrai, parfois les pansements, les béquilles, les atelles ne sont pas de trop pour nous soutenir dans le chemin escarpé qui nous force à grandir. Mais, il est également vrai, que l'on finit par y croire de nouveau, que l'on finit par retrouver le mode d'emploi des rires.
 
Et le jour où il sera interdit de rire
Le jour où l'on tombera de bas
Le jour où l'on cessera de croire
Le jour où les ours en peluches ne seront plus rapeux
Le jour où la guimauve ne sera plus élastique
Le jour où le chocolat sera mis au réfrigérateur
Le jour où il n'y aura plus de billes dans les cartouches d'encre
Le jour où l'on n'accordera plus aucune valeur aux mots
Le jour où la tragédie disparaîtra
Le jour où l'on aura les réponses
Ce jour là
Je rendrai les armes
Je baisserai la tête
Je capitulerai
Mais pas avant
 
     J'ai failli arréter d'écrire ici, j'ai failli ne plus avoir envie d'être lue. Mais j'ai réalisé que mon ours en peluche était encore rapeux contre ma joue de petite femme, qui souhaiterait atteindre l'âge adulte avec la robe à fleurs et les couettes d'une enfant. Alors finalement, j'ai décidé de continuer. J'ai décidé de regarder droit dans les yeux des gens, j'ai décidé de dire lorsque quelque chose ne me convenait pas. Bien sûr, il y a un tel précipice entre les mots et les gestes que je ne suis pas sûre d'y arriver, mais j'ai commencé à tisser un pont entre les deux rives du précipice. J'ai cru que cela ne servait à rien de se battre, mais un instant seulement.
 
Finalement, je n'ai pas perdu l'aiguille de ma boussole
Elle s'était seulement égarée dans mes chaussettes
J'ai de nouveau des places pour des concerts de battements de coeur
J'ai retrouvé mes rêves
J'ai retrouvé mes yeux émerveillées de gamine devant le sapin de Noël
Je perçois au loin le Tic-Tac des gouttes de ma clepsydre
Je m'étais perdue en cherchant à connaître
Je n'étais pas si loin, en fait
 
      Aurais-je eu peur des mots? Un petit peu. Rien qu'un peu, beaucoup? J'avais simplement oublié que les mots ne se donnent pas facilement, qu'il faut savoir les approcher, les apprivoiser. J'avais oublier que pour savoir utiliser le langage "il faut oublier les mots" [Yves Bonnefoy]. Il faut observer les mots, les mesurer, les peser. Il faut apprendre la patience [La plus importante des vertus selon Aristote]. Je ne savais plus attendre, je ne savais que regarder ma montre d'un air exaspéré. Je ne savais plus que le temps se déguste, se retient du bout des ongles, du bout des doigts. Heureusement, j'ai retrouvé la mémoire!
 
Ce ne sont pas que des abrévations
Pas que des lettres que l'on pianote à la hâte sur un clavier
Pas que de l'encre de Chine qui coule
Pas qu'un message sur un écran
Pas que des signes
Pas que des sons
Des M.O.T.S. 
 
       J'ai le coeur qui s'emballe lorsque je pense à l'année prochaine. Il y a tous ces changements qui m'attendent, il y a ces nouvelles personnes à apprendre, ces nouveaux mots à comprendre. Il y aura ce nouveau statut, ces nouveaux défis. Je vois déjà mes pieds dans sur le pavé de la capitale. Je n'ai pas peur, pas un petit soupçon d'angoisse. Juste l'envie de découvrir, l'envie de me jeter de plein fouet contre ce futur qui s'approche de moi, l'envie de le frôler du bout des doigts. Parce que j'ai pris ma décision, j'ai déterminé ce que je souhaitais vraiment faire.
 
Aprés avoir passé un certain temps à me demander ce que je pouvais bien désirer
Aprés avoir cherché tous les moyens possibles de ne pas prendre la décision
Aprés avoir sollicité des dizaines d'avis
Aprés m'être assise sur mon tapis
Avoir fixé le vide
Et m'être dit que j'étais définitivement foutue
J'ai pris ma décision
[ Champagne ]
 
     Alors, voilà, c'est fait ! J'ai décidé que les rêves était fait pour être vécus. Je me suis dit que finalement le bruit de la pluie contre mes carreaux était apaisant. J'ai réalisé que si j'avais envie d'écrire, il fallait que je le fasse, et suivre les conseils de mon grand-père, ne pas me préoccuper de ce qu'en pense les autres. J'ai compris que je devais me préoccuper de ce qui était réellement important, c'est à dire de toutes les choses que je n'ai pas eu envie de laisser derrière moi. Signer le programme de "La fausse suivante" pour mes grands-parents, regarder "Desperate Housewives" où se mêlent fous rires et larmes avec ma mère, plonger les mains dans la terre du jardin avec mon père, passer du temps avec les amis qui connaissent le poid des mots et continuer la philosophie, ces cours qui ont été mon radeau, mes instants de bonheur, ma foi, durant cette année scolaire couleur grisaille. Je me suis regardée dans la glace, et j'ai accepté ce que j'y ai vu: j'ai accepté le fait de grandir, le fait que la barbapapa ne se vende que dans les fêtes foraines, mes bleus, mes coups, mes erreurs et mes demis tours. Je me suis dit que j'avais le droit de croire.
 
Une année qui se termine
Des lambeaux de souvenirs à recoller sur la toile de ma vie
Des personnes que je n'ai pas assez remerciée
La gorge qui se serre
Un peu
Un sourire qui se dessine
Franchement
Et puis les mots de Jacques Prévert
[ Être ange, c'est étrange dit l'ange
Être âne, c'est étrâne dit l'âne ]
Voilà
 
Pour m'avoir aidé à tenir debout
Merci à mes parents
Pour m'avoir fait un de mes plus beaux cadeaux
Merci Tatiana
Pour avoir été là
Merci Touit
Pour avoir toujours été à mes cotês
Merci Maeva  
 Pour cette année de cours fantastique
Merci à mon prof' de philosophie
 

 
Je n'ai plus qu'à attendre
Pour savoir où je suis prise
Nan, je n'angoisse pas.
Hum..
 
"Jeunes gens
En cours de philosophie
Vous allez réapprendre à parler le français"
Un souvenir de deuxième cours
[ Cela va me manquer ]
 
Dans une semaine
Le bac
On bosse
On bosse
On bosse