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9月29日

Come back

     Le temps s'est remis en marche. Tic, tac, tic. Mes pieds ont retrouvé le rythme, tout seuls. J'y suis enfin. J'y suis, déjà. Le matin, lorsque les premiers rayons du soleil rasent les bancs couverts de tags du forum des Halles, lorsque mes pas, couleur orange fluo, résonnent sur les pavés de la capitale, j'ai envie d'y croire. La vie se déroule d'elle même devant mes paupières grandes ouvertes, se déroule à travers le picotement acide du froid sur le bout de mes mains, le bout de mes doigts. Le temps file de nouveau devant moi, trop vite, et je tends mes bras, toujours trop courts pour le retenir.
    J'ai posé une main fraîche sur le front de mes doutes, de mes peurs, de mes demi-tours et de mes deux pieds collés à la glue sur la même dalle depuis trop longtemps. Le matin, je me regarde bien en face, dans le mirroir, bien en face de ces doutes, de ces peurs, et de ces demi tours. Je les apprend et je les défie de reprendre la place qu'ils ont occupée ces derniers temps. J'essaye de me tisser telle que je suis et non pas telle que je n'arrive pas à être. J'essaye, de nouveau. Je reste autant de secondes que nécessaires devant ce mirroir, j'attend que les minutes me modèlent un sourire.
     Je retiens des bouts de bonheur sous mes ongles. Dans mon grand livre d'images je colle les bottes espagnoles de Tatiana, les éclats de rire de Mathieu, le "pitou" de Thomas, le gateau au yahourt de Priscillia, le sac à main plein de trésors de Maëva et les converses déchirées de Melanie. Je me réchauffe de ces instants. Ces instants où nous sommes.
      Cela faisait longtemps, n'est ce pas? Long temps d'espoirs piétinés, long temps de colère aveugle. Nouvelle inspiration apportant l'oxygène nécessaire à la confiance. Je débute tous justes mes études, et je n'en reviens pas. Moi qui ne pouvais imaginer qu'un jour, je serais étudiante. Assise sur les bancs de ma prépa', je savoure. Rédigeant ma deuxième dissert' en droit, je souris. C'est le bonheur tout simple de se sentir soi, et de se rendre compte que "soi", c'est pas si mal...
     J'oublie ce dont je ne veux pas me souvenir. J'efface ce que je ne souhaite plus avoir devant mes yeux. Je raye ce qui me mettait hors de moi. Au lieu de partir sans cesse à la recherche des questions qui me tiraillent, je cherche les réponses. Je me retrouve sous le bout de mes doigts, je me revois dans le bruit des touches de mon clavier, je me reconnais dans ma panique lorsque je réalise que j'ai lu bien trop tard. Je suis là, juste là, si proche. Et j'arrive même à en rire.

 
Voilà.
J'adore ma prépa'
J'adore le droit.
Même si j'ai le dos cassé à force de transporter l'énorme Gicquel...
 
Voilà.
C'était aussi simple que ça.
Il suffisait d'un peu de courage...
 
Du bonheur un peu partout en fait..
Du bonheur des chaussettes aux noeuds dans les cheveux
Du bonheur dans, sur et sous les yeux.
Voilà...